Paru dans Management (Mai 2006)

(larges extraits d'un très long article qui nous était majoriatirement consacré).

Votre costume sur mesure pour moins de 1000 euros.
Pour bénéficier d'une coupe parfaitement adaptée à votre morphologie, faites appel à un tailleur. Cela ne vous coûtera pas plus cher qu'une grande marque de prêt-à-porter !
Le marché du sur mesure est aujourd'hui investi par de jeunes professionnels très au fait des dernières tendances. C'est le cas de Philippe Romain, fondateur de Peter Tailor. (...) Il propose les tissus des fabricants les plus en vogue, essentiellement des italiens. « Nos clients sont en majorité des cadres d'une quarantaine d'années, qui dépensent environ 20% de leur salaire pour leur garde-robe » explique Philippe Romain. D'après lui, les hommes qui optent pour le sur mesure au lieu de dépenser la même somme, voire davantage pour un costume d'une grande marque de prêt-à-porter ont tout compris de l'élégance, la vraie. [...]. Si la mode est au costume ultra-cintré (chez Dior par exemple) et que cela ne sied pas à votre silhouette, vous aurez sans doute du mal à trouver autre chose en boutique. Un tailleur, lui, vous aidera à adapter la coupe en vogue à votre morphologie ou à en déterminer une qui vous ira davantage.
[...] Vous allez devoir choisir le tissu. Au début de leur incursion dans le sur-mesure, la plupart des hommes préfèrent s'en tenir prudemment à la laine. Mais une fois qu'ils ont confiance en eux et en leur tailleur, certains n'hésitent pas à se lancer dans le lin, le coton ou le velours [...].

Super 160's.
Vient alors le moment de s'intéresser de près au grammage du tissu. Le prêt-à-porter utilise en majorité le « super 100 » qui désigne une laine fine tissée avec un fil dont le poids est de 1 kilo pour 100 km. Avec le sur mesure, il est possible de craquer pour du super 160's, plus fin, plus étiré, donc plus léger. Mais un tissu ne se choisit pas seulement avec les yeux : il demande à être touché. Sec sous la main comme une laine froide, nerveux comme un mohair rasé, rêche comme un tweed anglais, ou encore poilu comme une flanelle... le choix du tissu parmi des dizaines de références est déjà un pur plaisir. Si vous voyagez beaucoup, vous privilégierez les matières souples (avec un peu de stretch pour l'élasticité), qui se froissent peu. « Pour être sûr de faire le bon choix, chiffonnez les éhcnatillons qu'on vous présente afin de vérifier qu'ils se retendent rapidement » conseille le tailleur Philippe Romain. Autre astuce de pro à l'intention des personnes qui ont tendance à transpirer : sélectionnez des laines cardées (passées dans une machine qui gratte le tissu), plus aérées et légères à porter.
Avant-dernière étape : le choix des coloris et des motifs. Neuf cadres sur dix sont abonnés au gris (anthracite ou ardoise) et au bleu marine. Mais votre tailleur peut vous recommander des variantes intéressantes, autour du marron ou du beige notamment. Et même s'il vus est impossible de déroger au « dress code » de rigueur dans votre profession (difficile de trouver un architecte non vêtu de noir ou un financier en costume clair), peut-être pouvez-vous tout-de-même vous autoriser une doublure parme, voire un tissu à rayures ? Grâce au créateur britannique Paul Smith, qui a fait sa marque de fabrique de ce genre de grain de folie, ces petites fantaisies sont désormais passées dans les moeurs des milieux les plus traditionnels.

Caprices réalisables
Dernier point : les petits plus du sur mesure. A part vous, personne ne les remarque, mais c'est justement ce qui fait leur charme. Poche intérieure à la taille de votre balladeur MP3, doublure brodée à vos initiales, fil de la boutonnière de manche de la même couleur que la rayure du costume : tous vos caprices sont réalisables. Sans majoration de prix. Sinon, changez de tailleur. Concernant les boutonnières, un signe ne trompe pas les vrais adeptes du vêtement personnalisé : alors qu'elles ne sont qu'un élément factice de décoration en prêt-à-porter, dans le sur-mesure, elles se déboutonnent vraiment. Rien de plus élégant alors que de défaire deux boutons pour montrer sa distinction.
C'est à ce genre de finition qu'on reconnaît la patte du tailleur. Mais aussi à la tenue de ses costumes dans la durée. [...]

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